1. Un peu d’histoire sur la REM…
L’idée de mesurer l’amplification directement dans l’oreille du patient remonte aux années 1940.
Mais c’est dans les années 1980, avec l’arrivée des premiers systèmes à micro-sonde, que la pratique s’est structurée. Pour la première fois, il devenait possible de vérifier objectivement si l’aide auditive délivrait bien le signal attendu.
Aujourd’hui, des outils de pointe comme le Verifit™, l’Affinity ou l’Aurical™ existent… et pourtant, la mesure in-vivo reste encore trop rare, alors qu’elle est le seul moyen objectif de contrôler les performances réelles d’une aide auditive portée par un patient.
2. Le but des mesures in-vivo
Régler un appareil auditif ne se fait pas au hasard. Cela repose sur des formules scientifiques, appelées méthodes prescriptives.
👉 Comme un médecin rédige une ordonnance adaptée à vos symptômes, l’audioprothésiste suit une prescription… mais ici, il s’agit d’une prescription de volume à appliquer.
Deux méthodes reconnues dans le monde servent de référence :
- NAL (Australie)
- DSL (Canada)
Les fabricants proposent aussi leurs propres variantes, conçues pour un confort immédiat… mais souvent au détriment de la compréhension réelle de la parole.
⚠️ Et même si l’on choisit NAL ou DSL dans le logiciel fabricant, rien ne garantit que le réglage corresponde vraiment à votre oreille car :
- les calculs reposent sur une oreille moyenne, alors que chaque oreille est unique ;
- les logiciels fabricants ne respectent pas toujours fidèlement les formules scientifiques.
👉 Comme le rappelle le Dr H. Gustav Mueller :
« On ne peut pas savoir ce que fait un appareil auditif en regardant l’écran de réglage. On ne peut le savoir qu’en mesurant ce qui arrive réellement au tympan. »
C’est exactement ce que permet la mesure in-vivo : vérifier, directement dans votre oreille et en temps réel, que l’amplification est bien celle prévue pour vous.
3. Une pratique encore trop peu répandue dans l’audition
Malgré son statut de référence, la MIV reste sous-utilisée, en France comme à l’étranger.
Raisons souvent avancées… et leur réalité :
« Ça prend trop de temps » → En réalité, quelques minutes suffisent et cela évite de nombreux rendez-vous correctifs.
« Le logiciel suffit » → Les études montrent qu’il s’écarte souvent des prescriptions scientifiques.
« Pas adapté aux appareils modernes » → C’est l’inverse : plus les aides sont sophistiquées, plus la MIV est indispensable.
« Le matériel coûte trop cher » → C’est un investissement minime au regard du bénéfice patient.
« Il n’y a pas assez de formation » → Des formations continues existent, proposées par les fabricants et organismes spécialisés.
👉 Ces freins ne sont donc pas de vraies contraintes, mais plutôt des habitudes de pratique.
4. La MIV : un devoir moral et déontologique
Depuis plus de 20 ans, la MIV est reconnue comme la méthode de référence pour l’adaptation des appareils auditifs.
Déclarations officielles :
ASHA (USA) :
« Real-ear measures are the gold standard. Not using them is a deviation from best practices. »
(Traduction : Les mesures in-vivo sont la référence absolue. Ne pas les utiliser, c’est s’écarter des bonnes pratiques.)
AAA (USA) :
« Failure to verify hearing aid fitting using REM puts patient outcomes at risk. »
(Traduction : Ne pas vérifier l’adaptation par une mesure in-vivo met en danger les résultats pour le patient.)
ISA (International Society of Audiology) : dès 2005, l’ISA a défini des tolérances précises à respecter pour garantir un réglage conforme.
Danemark (2025) : la mesure in-vivo est désormais une exigence nationale minimale dans le parcours de soins auditifs.
Et en France ?
La MIV est reconnue et recommandée par la SFA, le CNA, la HAS et la SFORL, mais elle n’est pas obligatoire, même dans le cadre du 100 % Santé (2018). Résultat : des pratiques encore très variables.
👉 Comme le rappelle la Dre Catherine Palmer (Audiology Today, 2009) :
« Si l’on parle d’éthique professionnelle, il faut reconnaître qu’il existe des audiologistes qui ne pratiquent pas de façon éthique. »
Et le Dr Todd Ricketts résume avec force :
» Si vous adaptez un appareil auditif sans mesure in-vivo, vous ne faites pas de l’audiologie. Vous faites du commerce »
5. Ce que vous pouvez demander à votre audioprothésiste
Lors de votre appareillage, posez cette question simple :
👉 « Avez-vous vérifié mes appareils directement dans mon oreille avec une sonde microphonique ? »
✅ Si OUI : vos réglages reposent sur une mesure scientifique et personnalisée.
⚠️ Si NON : vos réglages sont basés uniquement sur une estimation.
6. Ce que vous y gagnez
Les recherches sont unanimes, un appareillage vérifié par MIV apporte des bénéfices concrets :
– meilleure compréhension, même dans le bruit,
– confort d’écoute durable, sans fatigue,
– moins de visites de réglages inutiles,
– suivi plus précis et professionnel,
satisfaction et confiance accrues envers l’audioprothésiste.
👉 Des enquêtes comme MarkeTrak VIII montrent que la vérification et la validation augmentent la satisfaction, la fidélité et la qualité des suivis.
7. Notre engagement scientifique chez les Gardiens
Chez Les Gardiens de l’Audition, la MIV est systématique.
Nous utilisons le Verifit 2 d’Audioscan, une référence mondiale, qui a notamment servi à développer la formule DSL (Canada).
👉 Cet équipement, très rare en France, est généralisé dans nos laboratoires pour garantir un appareillage adapté, validé et optimisé.
8. Les étapes de la mesure in-vivo
La mesure in-vivo consiste à placer une micro-sonde dans votre oreille, puis à vérifier en temps réel que l’amplification reçue correspond parfaitement à la prescription scientifique.
💡 En résumé : La mesure in-vivo n’est pas une option. C’est le socle scientifique, éthique et humain d’un appareillage auditif de qualité.
